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Trace
Ocre
Allez-y,
surtout les jeunes
L'eucalyptus
Bienveillance
Que
serais-je sans toi
Plus
d'accueil en Touraine
Étirer
le temps
Coquelicot
Un parent proche
l'Iliade
La
brise
La
cornemuse
"La
voie lactée" de Bunuel
Les
montres molles de Dali
Tricoteuses
face au mur
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Légende de photo :
rue de LEON
Pourquoi le chemin ? Pour apprendre à étirer le temps. Qu'as-tu
trouvé ? Bien que né en milieu rural, je suis un urbain
et
mon quotidien avec la nature est parcellaire. J'étais convaincu que mon
caractère n'était que le fruit d'une éducation.
L'école, le travail,
la famille étaient les racines donnant un fruit parfois tendre, d'autre
fois amer voir acide ou immangeable.
Le chemin et surtout la voie de
Tours m'ont apporté une toute autre analyse.
Sur cette superbe voie, quotidiennement
vous êtes le pèlerin du jour, vous n'êtes jamais seul, la nature fusionne au fil du temps en vous.
Sentir ainsi le vent fort ou léger, la pierre chaude ou froide,
l'ombre apaisante ou pleine de mystère, le soleil cuisant ou
réchauffant, j'ai saisi au combien je n'étais que le kaléidoscope d'un
monde dans lequel je vivais.
Une acceptation de soi et de l'usage de son
caractère bien agréable.
La voie de Tours, c'est mieux, moins long,
moins cher qu'un psy ! |
Raconte-moi une histoire ?
Florent était parti de Namur, il marchait depuis plus de 1600 km
quand je l'ai rencontré pour la première fois du côté de Léon. Les
jeunes pèlerines québécoises de l'auberge n'étaient pas insensibles
au regard ténébreux et à l'allure féline de se ce jeune belge d'une
trentaine d'année.
Bien que tout deux francophones,
parler en français ne nous vint pas rapidement, j'ai su assez rapidement
pourquoi. La traversée de la France ne lui avait pas été facile,
ayant peu d'argent il avait du dormir dans les bois et c'était heurté
à des comportements et propos hostiles, A partir du Puy, le
tourisme randonneur hexagonal n'avait pas arrangé les choses.
Son
parcours de vie n'avait pas longé un fleuve tranquille et la drogue
l'avait amené en bordure de sales frontières.
Son côté taciturne ne
m'a pas permis de savoir qui lui avait mis en tête de faire le chemin,
mais un soir au hasard d'une nouvelle rencontre dans une albergue
à
Villafranca del Bierzo, il se confia venant d'apprendre la mort d'un ami
très proche. Il avait proposé, à ce dernier de partir avec lui, démarche veine son état de
santé ne lui permettant pas.
Au cours de notre
discussion, il exprima non sans douleur combien cette victoire d'avoir
fait le chemin était importante pour lui. Il avait réussi quelque
chose, il avait sa zone de " respect", il savait maintenant qu'il
pouvait être reconnus et entreprendre d'autres choses et son désir
de vivre était bien présent malgré sa peine.
Il savait
aussi que maintenant entre son fils de dix ans et lui le rapport serait
plus simple.
Je ne sais pas qui c'est, mais je remercie celui qui a mis
Florent sur le chemin de Compostelle.
Janvier 2008 |