Si c'était....

La  madeleine du chemin                         de  Jean Luc Huguet     

un mot:

une couleur:

un souhait:

une odeur:

un sentiment:       

une chanson:     

un voeu :  

un désir:                  

une fleur:                  

une personne:         

un livre:                   

un élément:             

une musique:        

un film:       

une peinture:   

une photo:          

Trace

Ocre

Allez-y, surtout les jeunes

 L'eucalyptus

Bienveillance

Que serais-je sans toi

Plus d'accueil en Touraine 

Étirer le temps

Coquelicot
Un parent proche

l'Iliade

La brise

La cornemuse

"La voie lactée" de Bunuel

Les montres molles de Dali

Tricoteuses face au mur

 

Légende de photo : rue de LEON 
Pourquoi le chemin ? Pour apprendre à étirer le temps.

Qu'as-tu trouvé ? Bien que né en milieu rural, je suis un urbain 
et mon quotidien avec la nature est parcellaire. J'étais convaincu que mon caractère n'était que le fruit d'une éducation. 
L'école, le travail, la famille étaient les racines donnant un fruit parfois tendre, d'autre fois amer voir acide ou immangeable. 
Le chemin et surtout la voie de Tours m'ont apporté une toute autre analyse. 
Sur cette superbe voie, quotidiennement  vous êtes le pèlerin du jour, vous n'êtes jamais seul, la nature fusionne au fil du temps en vous.
Sentir ainsi le vent fort ou léger, la pierre chaude ou froide, l'ombre apaisante ou pleine de mystère, le soleil cuisant ou réchauffant, j'ai saisi au combien je n'étais que le kaléidoscope d'un monde dans lequel je vivais.
Une acceptation de soi et de l'usage de son caractère bien agréable.
 La voie de Tours, c'est mieux, moins long, moins cher qu'un psy !

Raconte-moi une histoire ?
Florent était parti de Namur, il marchait depuis plus de 1600 km quand je l'ai rencontré pour la première fois du côté de Léon. Les jeunes pèlerines québécoises de l'auberge n'étaient pas insensibles au regard ténébreux et à l'allure féline de se ce jeune belge d'une trentaine d'année.
Bien que tout deux francophones, parler en français ne nous vint pas rapidement, j'ai su assez rapidement pourquoi. La traversée de la France ne lui avait pas été facile, ayant peu d'argent il avait du dormir dans les bois et c'était heurté à des comportements et propos hostiles, A partir du Puy, le tourisme randonneur hexagonal n'avait pas arrangé les choses. 
Son parcours de vie n'avait pas longé un fleuve tranquille et la drogue l'avait amené en bordure de sales frontières.
Son côté taciturne ne m'a pas permis de savoir qui lui avait mis en tête de faire le chemin, mais un soir  au hasard d'une nouvelle rencontre dans une albergue  à Villafranca del Bierzo, il se confia venant d'apprendre la mort d'un ami très proche. Il avait proposé,  à ce dernier de partir avec lui, démarche veine son état de santé ne lui permettant pas.
Au cours de notre discussion, il exprima non sans douleur combien cette victoire d'avoir fait le chemin était importante pour lui. Il avait réussi quelque chose,  il avait sa zone de  " respect", il savait maintenant qu'il pouvait être reconnus et entreprendre d'autres choses et son  désir de vivre était bien présent malgré sa peine. 
Il savait aussi que maintenant entre son fils de dix ans et lui le rapport serait plus simple. 
Je ne sais pas qui c'est, mais je remercie celui qui a mis Florent sur le chemin de Compostelle.

                                                                      Janvier 2008