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Novembre 2009 Thierry B |
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Le pèlerin, le pérégrin, au sens premier, est l’étranger, celui qui est parti, et qui n’est pas d’ici, qui est de passage; ce n’est que très tardivement au moyen âge que le mot a pris une connotation religieuse. Peu importe que l’on parte pèlerin ou simple marcheur. Lorsque la première fois vous vous asseyez dans la cathédrale de Santiago, après un long chemin, après tant de petits matins encore obscurs, après tant de rencontres, après tant de climats… il n’y a plus de doute, vous êtes chez vous, vous touchez l’universel, l’émotion vous envahit, et les larmes montent souvent avant que l’on ne puisse y prendre garde. Et il est indifférent, à cet instant, que la légende soit un artifice sentant d’escroquerie. Vous ne trouvez que vous même au bout du chemin, mais que vous soyez parti athée, agnostique, ou croyant sincère, vous êtes pèlerin pour toujours, c’est une certitude… Qui sait ce que chacun a en vérité au fond de son cœur et de son âme; certains disent avoir la foi et le répètent ostensiblement pour s’en convaincre vraiment (et ennuyer les autres accessoirement) ; d’autres, des savants ou des incultes, voient leur esprit s’ouvrir jusqu’aux étoiles, et ce rêve est tellement grand qu’ils ne peuvent guère en parler, ils ne peuvent que comprendre mieux les choses, le monde, les autres et eux mêmes. Parfois en chemin, ils croisent un autre” illuminé”, et les mots simples de l’échange sont déjà les codes secrets de l’universel…
Thierry
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